Des concerts au Collège des Bernardins à découvrir en novembre 2017

BERNARDINSQuand on aime un artiste, on est à l’affût de toutes les manifestations qui se déroulent à Paris. Le compositeur américain, Philip Glass, on l’avait découvert avec le prodigieux opéra « Einstein on the Beach » composé en 1974. Puis on avait entendu plusieurs fois  aux Folles journées de Nantes Bruce Brubaker, l’interprète américain spécialiste de ses partitions de piano

Mais ses œuvres  pour quatuor à cordes nous étaient  inconnues.

Alors, aujourd’hui, on va au Collège des Bernardins pour en entendre une dans le cadre de deux weekends consacrés à la juxtaposition improbable de quatuors de deux compositeurs  aussi éloignés pour des profanes que Philip Glass… et Franz Schubert ! Si ce n’est qu’ils sont nés tous deux le 31 janvier (comme l’auteure de ce blog !).

GLASS SCHUBERT

On pénètre dans la Nef du bâtiment magnifiquement restauré mais ce dimanche, ce n’est pas dans ce lieu que le concert est donné. On dédaigne l’ascenseur pour grimper  les deux  étages qui mènent à  l’auditorium.

collège_des_bernardins

La salle bleue pétrole est splendide, les fauteuils sont très confortables.

Une estrade est disposée devant la rosace, seul rappel  de la sacralité initiale du lieu.

Quelques mots de l’organisatrice puis une explication concernant le pourquoi de Philip Glass. On comprend que l’auditoire est majoritairement là pour entendre du Schubert, il est donc nécessaire d’expliquer mais on ne retiendra pas grand-chose.

Quatuor Bernardins

C’est le Quatuor Manfred à qui est confiée l’interprétation de Schubert. Un rappel  concernant le foisonnement de son œuvre malgré la brièveté de sa vie (Schubert mourra à 31 ans)  et le peu de reconnaissance du génie du compositeur de son vivant.

La première partie est pour Schubert… d’abord, le quatuor à cordes N° 3 D36 en si bémol majeur… on s’ennuie un peu. Heureusement le quatuor à cordes N° 12D.703 en ut mineur « Quartettsatz » rattrape cette impression… bien plus intéressant, dommage il n’y a qu’un mouvement, il n’a pas été terminé !

Après l’entracte, c’est le Quatuor Varèse qui prend le relais pour le Philip Glass…  quatre artistes beaucoup plus jeunes. Et là, on est transporté… ce n’est semble-t-il pas le cas du monsieur derrière qui soupire et bouge beaucoup.

Et le quatuor Manfred clôture ce concert avec le quatuor à cordes N°8 D.112 en si bémol majeur.

On meurt de faim, il est 14h30. On se met en quête d’un restaurant, ce qui sera un peu difficile car on est dimanche.

On a complété avec bonheur notre connaissance du compositeur Philip Glass. Objectif rempli !

Informations pratiques

Réserver pour 4 concerts entre les 24 et 26 novembre 2017 en cliquant sur COLLEGE DES BERNARDINS ou en se rendant sur place pour entendre d’excellents interprètes de Schubert et … pour découvrir Philip Glass pour le modeste prix de 20 €

Etrange, étonnant, ésotérique… au Collège des Bernardins où « Tout est parti d’une colonne »
Jusqu’au 5 juillet 2015

collège_des_bernardinsAujourd’hui, on va voir ce que nous propose en ce moment le Collèges des Bernardins.

Passée la porte, le lieu résonne de chants sacrés … un petit orchestre d’instruments anciens met la dernière voix à ses répétitions.

Le lieu s’y prête, tant par son acoustique que par l’atmosphère solennelle qui s'en dégage.

On se dirige sur la pointe des pieds vers l’ancienne sacristie dans laquelle se tient l’exposition joliment intitulée « Tout est parti d’une colonne ».

Une jeune et souriante médiatrice, à l’entrée nous donne un fascicule et promet de venir nous rejoindre dans quelques minutes.

Derrière la lourde porte, l’ancienne sacristie est plongée dans la pénombre.vue_d_ensemble_sacristie

Devant nos yeux ébahis se déploient diverses machineries plutôt étonnantes. On a à peine le temps de s’habituer qu’un coup sourd frappé sur le sol nous fait sursauter…

« CMB, le tempo infini du monde »… gros cylindre en bois brut qui égrène le temps en frappant toutes els minutes la tombe du gisant qui a l’infortune d’être étendu juste en dessous… pour le calme de l’éternité, on repassera !

cylindre1

On s’apprête à s’asseoir sur les coussins jetés ça et là sur les marches quand survient la médiatrice toute disposée à nous expliquer ce qui s’offre à nos regards médusés.

D’abord, « les Développantes du siècle », point de départ semble-t-il des créations de l’artiste, Lyes Hammadouche, sur ce lieu… deux énormes roues dentelées qui s’enroulent en 60 secondes autour des deux colonnes centrales… qui évoquent, dit le fascicule, la « mécanique des corps célestes en évolution » ! Tout un programme !

les_developpantes_du_cercle

murmure_de_miroirsPuis, elle nous dirige vers « Murmure de miroirs », sorte de tourne-disque en métal où un diamant imprime une marque circulaire avec un son plaintif et lancinant… la marque varie en fonction de la position du bras décidée par la personne qui ouvre l’exposition le matin… Sont projetées sur le mur 3 ombres de l’objet qui évoquent une éclipse… c’est aussi une référence aux disques remplis d’informations numériques mis dans les sondes Voyager pour faire connaitre la Terre à d’autres habitants de l’Univers…

murmure_des_miroirs_projeté

Malgré les explications érudites, on est un peu perplexe devant ces installations hétéroclites…

soixante_secondesPuis l’on se dirige vers « Soixante secondes »… constitué de 2 disques de verre qui tournent sur eux-mêmes en 60 secondes, bien sûr ! Ils emprisonnent du sable blanc et du sable noir qui forment des paysages mystérieux qui se font et se défont inlassablement, jamais les mêmes… et là, on commence à ressentir l’intention de l’artiste de nous plonger dans une sorte d’hypnose propice à la méditation.

 

On finira par « Ryoan-ji » (un fameux jardin japonais datant du XVI° siècle)… une installation centrale constituée de 15 miroirs posés en cercle à même le sol qui renvoient le  faisceau d’une source laser rouge… qui bouge quand « CMB, le tempo infini du monde » se manifeste… entourant 3 objets symbolisant… on ne sait plus bien… Cela devient un peu trop compliqué pour les profanes que nous sommes…

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On se laisse prendre par l'atmosphère méditative qui se dégage de toutes ces installations finalement pas si incongrues dans ce lieu hors du temps.

Informations pratiques

Collège des Bernardins – 20 rue de Poissy – 75005 PARIS – 01 53 10 74 44