L’Albanie, une destination méconnue.

Aller en Albanie ? Quelle idée saugrenue ! Après quelques tergiversations, la proposition semble tentante et on choisit de partir à quatre.

circuit voyage en AlbanieLe site « Voyager Autrement » nous met en relation avec Ecotour Albania, agence de voyage locale, avec laquelle un circuit est rapidement mis sur pied : un voyage sur mesure avec un chauffeur-guide qui nous fera découvrir le pays à un rythme personnalisé.

La date de départ est fixée au 17 septembre.

 

Jour 1 – Tirana

On atterrit à Tirana. A l’aéroport, accueil chaleureux d’Edouard, grand jeune homme de 26 ans, souriant et volubile qui en quelques heures sait nous faire partager un peu d’histoire, d’économie et de vie courante… un français impeccable appris à l’école, une intelligence pétillante. Il nous fait découvrir le centre de Tirana avec ses cafés ainsi qu’une nourriture albanaise matinée de Turquie, de Grèce et d’Italie fort savoureuse. Pour ce qui concerne le vin rouge, on est un peu plus réservé…

OPERA TIRANATirana, la capitale albanaise… une grande place aérée avec des pelouses vertes bien tondues qui sera belle quand les arbres auront poussé si toutefois un prochain gouvernement ne décide de modifier une nouvelle fois son aspect car il semble que cela soit le sport national des équipes gouvernementales albanaises.

Des bâtiments officiels aux quatre coins dont l'architecture rappelle que le pays a été, dans les décennies passées, dirigé par une dictature communiste.Place TIRANA

AVENUE TIRANAEt dans le prolongement une grande avenue arborée qui mène à des bâtiments officiels et universitaires.

Beaucoup de monde sur les trottoirs…pour la plupart des gens bien mis… les hommes ont les cheveux courts, portent costumes et cravates… les jeunes femmes sont vêtues comme des européennes… beaucoup d’étudiants aussi qui se rendent en groupe à l’Université.

Puis une nuit dans un hôtel, la Vila Tafaj, choisi par nos soins, pour son côté typique… pas très confortable et bruyant pour les chambres sur rue mais un personnel très accueillant.

Jour 2 – Durrës – Bérat

On fait la connaissance d' Armand, le guide-chauffeur qui nous accompagnera tout au long du périple. … un jeune homme de 28 ans, coiffé à la Tintin, sympathique, souriant, parlant bien le français…

BORD DE MER DURRESPremière étape, Durrës à 45 minutes à l’Ouest de Tirana. Une ville balnéaire où les immeubles modernes commencent à défigurer le bord de mer. un petit air de Majorque à ses débuts ?

On visite un amphithéâtre, découvert en 1966, 120 m de diamètre… malheureusement l’argent manque pour les fouilles…Mais on est seul sur le site, c’est divin !amphitheatre DURRES

 

 

Puis un périple en voiture pour rejoindre Bérat.

CAVE KOBO ALBANIEOn s'arrête en chemin dans une cave flambant neuve avec des cuviers en inox et une salle dans la pénombre où cohabitent, bien rangées, petites barriques made in France et bouteilles artistiquement agencées.

Au 1° étage, une salle de dégustation où chaque bouteille est dressée dans une armoire de bois clair alvéolée. Des tables rondes pour la dégustation… le père du propriétaire nous sert un vin de Kashmeer et un vin blanc…. Pas terrible… le propriétaire, un peu vexé, nous ouvre d’autres bouteilles qui se révèlent meilleures… et enfin, du raki qui emporte l’adhésion de tous… on croyait que le raki c’était comme de l’ouzo alors que c’est comme un alcool de prune… 

On quitte cet endroit charmant où les maisons de la propriété ressemblent plus à des chalets suisses de luxe qu’à des maisons albanaises. Faire du vin, ça rapporte !

Et enfin, Bérat… jolie petite ville blanche dite « aux mille fenêtres », inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

VUE DE BERAT ALBANIE

On se précipite vers le restaurant, le Mangalemi… très jolie bâtisse au charme rustique étudié… on est installé sur une terrasse abritée qui nous donne une vue panoramique d’une partie de la ville.

RESTAURANT MANGAMI BERATOn jette notre dévolu sur des byrecks, spécialités albanaises  composés d’une pâte feuilletée peu cuite farcie de différents ingrédients… les épinards sont les meilleurs ! Des aubergines farcies, des intestins de mouton farcis, les kokorecs (il faut aimer la cervelle car c'est une partie de la farce). Finalement  chacun quitta la table, heureux de ce repas typique. Une petite déception tout de même : contrairement à ce qui était annoncé, on ne couchera pas là. Dommage, cela avait l’air d’être un établissement de bonne tenue tout en étant très typique.

 

Le 4/4 nous dépose non loin, en bas d’une pente escarpée tapissée de galets qu'on peine à monter. Heureusement notre guide et le propriétaire de l’hôtel (plutôt des chambres d’hôtes) portent la plupart des bagages…porte hôtel BERAT

Le patron jovial nous saoûle d’un italien mâtiné de français assez incompréhensible. On comprend finalement qu'on va loger dans une maison mitoyenne sur le haut de la rue. 

jardin hotel BERATUne porte à loquet puis un minuscule jardin sur une terrasse plantée de citronniers, d’orangers et de kumquats… et une belle vue sur les maisons d’en-face, les maisons aux mille fenêtres qui ont fait de Bérat une ville inscrite au Patrimoine de l’Unesco. 

On s'engage sur un petit escalier escarpé à l’air libre… deux chambres à deux lits qui se voudraient typiques nous attendent… typiques peut-être mais pas ravissantes ! Une petite heure de repos pour défaire nos bagages et nous délasser… 

Ensuite, destination la Citadelle de Bérat qui s’étend en haut de la colline sur une grande superficie…

Entrée citadelle BERAT

Des maisons en pierre, fleuries, de petites ruelles empierrées, des nappes de dentelles suspendues çà et là pour être vendues aux touristes… certaines en jour de Venise semblant sortir des trousseaux de nos grand-mères.IMG_6448 (2)

Une petite église orthodoxe où les icônes albanaises resplendissent de dorures… certaines vraies, d’autres reconstituées… 

 

 

Des jardins plantés de treilles débordant de raisins blancs proches de la maturité.

vignes citadelle berat

 

 

 

chapelle orthodoxe BERATUne autre petite chapelle orthodoxe accrochée à flanc de colline.

 

 

Et une vue à couper le souffle loin dans la plaine où paresse une rivière en manque d’eau en cette fin d’été.

Diner ensuite en contrebas de notre hôtel à White House.WHITE HOUSE BERAT

On s'installe  sur la terrasse couverte du 2° étage… ce sera bruyant et un peu longuet avec un vin proche du jus de raisin mais des pizzas délicieuses…

 

 

 

Jour 3 – Fier – Apolonia – Zvernëe – Vlorä

Départ de Bérat par une matinée ensoleillée.

Monastère FIEREn haut d’une colline surplombant Fier, gros bourg sans intérêt particulier,  le seul monastère orthodoxe en fonctionnement en Albanie…

 

Un havre de paix et de silence où s’ébattent quelques poules au milieu de rosiers en fleurs… mignonne petite église byzantine… un moine muet pour le décor.

Puis direction vers le site d’Apolonia, planté en haut d’une colline.

Il a été découvert au moment de la 1° guerre mondiale par un général austro-hongrois, féru d’archéologie, au cours d’un bivouac militaire. Puis le site fut fouillé par un français, Léon Rey, mais beaucoup de vestiges sont restés sous terre faute de moyens pour effectuer les recherches.

On y admire le bouleuterion dont le portique a été en partie reconstitué, les restes d’un odéon d’époque romaine et la bibliothèque (avec un peu d'imagination).

Portique APOLONIA

Et plus haut vers la gauche une enfilade de 17 niches constituant une succession de boutiques qui se tenaient en rez-de-chaussée et au 1° étage, ce qui atteste de l’importance de ce site… et enfin, l’amphithéâtre mis à jour récemment puis détruit malencontreusement par les archéologues allemands suite à des fouilles mal maîtrisées… aujourd’hui, leur travail consiste à le reconstruire… travail titanesque !

165 IMG_6640Et aussi un petit monastère orthodoxe avec son église byzantine remarquable par la qualité de son assemblage et ses couleurs brique et pierre.

 

 

Un petit tour au musée où sont présentés les nombreux objets découverts sur le site.vase musee apolonia albanie

 

Et pour finir, un déjeuner au milieu d’un pré fait de salade mixte et de grillades de côtelettes d’agneau ! Et une famille de petits chats roux dévorant nos reliefs avec appétit.

 

 

Après le site d’Apolonia, en route vers Zvernëe… avec quelques difficultés pour trouver notre chemin au milieu des usines désaffectées au bord de la mer Adriatique… on erre au gré des explications albanaises… c’est toujours tout droit, c’est ce qu'on comprend, y compris notre guide dont l’albanais est pourtant la langue maternelle.

passerelle ZvernëeOn finit par arriver devant une longue passerelle en bois qui relie la terre à une très petite ile qui abrite un petit monastère du 14° siècle : une charmante petite église byzantine "dans son jus" et autour, des bâtiments conventuels refaits récemment dans le respect de la tradition. Une jolie couleur ocre… ces lieux sont paisibles et semblent figurer le bout du monde… idéal pour une retraite religieuse !

monastère Zvernëe

On grimpe la petite colline au milieu des arbres jusqu’au bout de l’ile. Et puis au retour, horreur ! Un car de touristes allemands termine de se garer. Une lente cohorte de teutons s’avance sur la passerelle. On fuit prestement.

On arrive finalement à Vlorä

Mosquée VloraUne visite rapide à la petite mosquée de Murta au centre-ville… mélange de pierres et de grilles, agrémentée de grilles en fer forgé ouvragé, elle constitue un charmant ilot au milieu de la ville moderne. Une curiosité, elle aurait été construite par l’architecte albanais qui aurait construit la mosquée bleue d’Istanbul… beaucoup de conditionnel dans cette affirmation…

On rejoint notre hôtel 4 étoiles, "Hôtel New York", le seul du séjour, qui méritera sa classification… 

La vue sur la rade vaut le détour.

rade Vlora Albanie

Après une rapide installation, on va prendre un verre de vin dans un bistrot italien au raz de la mer. Le vent souffle, la pluie menace… on est seul et on a un peu de mal à se faire apporter un vin convenable… le blanc infâme, le rouge meilleur… puis une assiette de parmesan et de feta avec des croutons aillés… un vrai apéritif de vacances !

Au retour on s'arrête dans une pizzeria… atmosphère chaleureuse quoique un peu bruyante… beaucoup d’albanais de tous les âges dans la salle, on sort en famille, c’est sympa… une assiette de calamars, de crevettes et de poulpe frits… un vrai délice et 2 pizzas goûteuses en particulier celle à la roquette et aux petites tomates. Là encore un vin blanc exécrable et un rouge juste passable… 

Jour 4 – Borsch – Saranda

On quitte l’hôtel après un bon petit déjeuner pris sur la terrasse face à la mer. Il fait un beau soleil.

On s'engage sur la route côtière très escarpée qui longe la côte jusqu’à Saranda.

La première partie du trajet s’effectue dans une forêt de résineux… on en oublierait presque l’on est au bord de la mer.

Des ruches en colonies à certains endroits de la route pour faire vendre le miel local.

Notre guide nous propose de commencer cette journée par une baignade dans une crique préservée du monde. Il nous assure qu’il ne faudra marcher qu’une vingtaine de minutes pour s'y rendre.

On s'engage sur un sentier escarpé… les cailloux roulent sous les pieds… la terre est ocre rouge… la mer loin en contrebas… il fait chaud…on rouspète un peu de marcher ainsi… on herborise sur le chemin… cela  semble bien loin… 

cote albanienneMais enfin, on atteint la petite crique protégée par de hautes falaises… des transats oranges abandonnés depuis la saison d’été semblent un peu incongrus dans cette nature sauvage… mais l’eau est délicieuse et on se baigne avec bonheur.

cote Albanienne 

Le retour sera moins pénible qu’attendu… 

On reprend la route en dégustant des jujubes achetés sur le bord de la route l’avant-veille…

La route zigzague en montagne… en bas sur la droite au loin le rivage et ses eaux turquoises.vue cote Albanie

 

IMG_6767On s'arrête pour déjeuner à Borsch, un petit restaurant sur le bord de la route au premier abord assez quelconque… immédiatement, un bruit de cascade d’eau attire l’attention…l’eau coule à claire-voie sous l’hôtel.

On pénètre dans la salle de restaurant et on ressort aussitôt pour tomber sur une collinette d’où dévalent plusieurs cascades… des tables sont disposées ça-et-là… on s'installe sur le côté… sur le pré, juste en aplomb, une chèvre broute… justement, on va manger de la chèvre grillée… délicieuse, c’est moins gras que l’agneau… une salade « grecque » pour accompagner les grillades…et les habituelles frites albanaises, toujours exquises !

On repart et on arrive peu de temps après à Saranda, ville balnéaire de la Riviéra Albanaise, une ville où les immeubles s’enchevêtrent sur la colline autour de la rade. Avec un peu d’imagination et d’indulgence, cette ville fait penser à Monaco.

baie de saranda Albanie

L'hôtel, « Le Brillant », est neuf, en 2° ligne… la vue n’est pas terrible en particulier si l'on a une chambre sur la ruelle adjacente… une décoration démodée, c’est assez moche mais très propre… on s’en contentera.

Vers 16h30, on se dirige vers un bout de plage installé de transats et de parasols et on paresse agréablement.

Puis on se promène sur la jetée jusqu’au port. En chemin, on achètes des cartes postales.

On regagne l’hôtel pour une douche d’avant-dîner. Celui-ci sera pris dans un restaurant en contrebas de l’hôtel sur une terrasse abritée posée sur pilotis. Fruits de mer et poissons pour tout le monde et à la fin, un dessert… suffisamment rare pour le souligner… et aussi un bon vin blanc italien, un Chardonnay, le premier considéré comme buvable depuis le début du séjour.

Une nuit correcte suivie d’un petit déjeuner copieux au 5° étage du bâtiment d’où la vue est splendide… toute la rade de Saranda et aussi l’ile de Corfou située à quelques miles… délicieuses bugnes et une confiture de figues maison savoureuse.

Jour 5 – Butrint – Kashumi

La journée qui s’annonce aura deux temps : une matinée culturelle avec la visite du site de Butrint et ensuite la plage…

Avant de parvenir situé au site situé à 15 km au sud de Saranda, on longe un immense lac saumâtre où le soleil fait scintiller l’eau çà-et-là au milieu des nasses pour les moules.

Le site est très vaste. Aujourd’hui, la forêt s’est installée partout, ce qui rend la visite très agréable à l’ombre des eucalyptus et autres arbres.

lac butrint albanie

Le calme règne, on est quasiment seuls sur les lieux… c’est magique !

Les vestiges sont nombreux et permettent de se représenter la vie sur cette presqu’île à l’époque illyrienne puis romaine.site butrint

 

site butrintsite butrint

Après la visite culturelle du jour, on se met en quête d’une plage… Cap sur Kashumi, petit village situé au bord de la mer, aux habitations hétéroclites… des maisons neuves, des carcasses de maisons à peine ébauchées auxquelles les pattes de devant ont été coupées pour défaut de droit de construction.

On s'engage sur une route de terre au sortir du village dans un paysage désertique pour finir par être stoppés dans notre élan par une grille cadenassée. On rebrousse chemin pour prendre la route de gauche. On est rapidement arrêté par une chaussée empierrée. … pas de plage en vue.

On revient sur nos pas et on choisit de se poser sur une petite plage civilisée bordée d’un restaurant avec une terrasse ombragée. 

La plage est petite mais l’eau turquoise incite à la baignade… elle sera délicieuse.

Un peu plus tard, on ira déjeuner sur la terrasse d'une casserole de moules et d'un pichet de vin blanc correct.

Puis une petite sieste au bord de l’eau avant de regagner notre hôtel.

sieste à Kashumi

Le soir, on dîne dans un restaurant proche du port… légumes grillés parsemés de fromage de chèvre et de ciboulette, loup grillé, risotto aux fruits de mer … le vin blanc du pichet goûté rapidement sera remplacé illico par un vin blanc italien. On se laisse tenter par les desserts européens : un gâteau  trileche et crème caramel. Retour à l’hôtel pour une nuit reposante.

Jour 6 – Gjirokastra

Après un petit déjeuner savoureux (bugnes, crêpes et crackers avec salade grecque), on quitte Saranda pour Gjirokastra.

source eaux turquoises AlbanieEn chemin, on s'arrête à une source d’eau froide qui surgit des profondeurs (au moins 60 m.), ce qui lui donne une ravissante couleur turquoise.

Le cadre est enchanteur au milieu des grands arbres.

Cet endroit avait été « colonisé » en son temps par le dictateur albanais, Enver Hoxha, pour en faire un camp de vacances pour ses apparatchiks… il ne s’était pas trompé d’endroit, c’est beau !

 

Après un périple au milieu d’une région montagneuse, nous arrivons en fin de matinée à Gjirokastra, inscrite au Patrimoine de l’Unesco car elle constitue un exemple rare de ville ottomane bien préservée.

maisons Gjirokastra Albanie

On visite d'abord le musée ethnographique installé dans la maison qui a vu naître le fameux dictateur.

Ravissante maison qui a conservé son ameublement d’antan, ce qui lui confère une atmosphère paisible qui permet d’imaginer la vie au début du siècle dernier.

Aux fenêtres, des simples rideaux de coton immaculé artistiquement disposés.rideaux maison traditionnelle Gjirokastra Albanie

plafond bois sculpté maison traditionnelle AlbanieDes plafonds de bois sculpté et des pièces remplies de divans qui courent le long des murs… juste un peu ferme à l’assise, sûrement dû aux feuilles de maïs !

Des tapis chamarrés… 

On part ensuite pour la citadelle qui domine la ville. Les ruelles sont pavées de cailloux arrondis qui dessinent des motifs colorés et tellement polis que la montée et la descente sont des exercices périlleux car glissants.

chapelle citadelle Gjirokastra AlbanieLà encore,on est quasiment seul… l’air est doux… la vue sur la vallée est panoramique… l’atmosphère est juste troublée par les aboiements de quelques chiens…

On se dirige ensuite vers le restaurant du déjeuner, chez Kujtimi.

On s'attable à une petite terrasse ombragée par un grand platane pour déguster les spécialités du coin : des boulettes de riz appelées « quifqi », les koftas végétariens à base de jeunes pousses d’épinard, les feuilles de vigne, les légumes grillés… et pour finir les baklawas. On se régale… peut-être, le meilleur repas du séjour car le plus authentique !

Puis on dépose les valises dans l’hôtel Kalemi, maison traditionnelle dans laquelle on retrouve les plafonds de bois sculpté et l’ameublement traditionnel albanais.plafond hotel Gjirokastra

 Une jolie terrasse courre  le long de la façade au 2° étage. On contemple la vieille ville et ses maisons aux toits de pierre.

 

Au-dessus de l'hôtel, on pareçoit la maison Zekati, une imposante demeure qui avait fait l’objet au printemps dernier d’un reportage dans le Figaro magazine.

Maison typique GjirokastraOn décide d’aller la voir de plus près. Il nous faudra un peu d’énergie pour grimper la pente d’au-moins 10% pour parvenir jusqu’à elle.

Cette demeure appartient à des particuliers albanais qui habitent à ses pieds. On nous conduit jusqu’à la porte de la grande maison et on nous fait signe que nous pouvons y pénétrer sans y être accompagné plus avant.salon albanais typique

Sous nos yeux émerveillés, on découvre une demeure qui a dû être magnifique… des salles ceintes de divans, des rideaux brodés aux fenêtres et au sommet…

salon typique albanaisun salon décoré de médaillons peints à même les murs surplombé d’un plafond de bois ouvragé à nous couper le souffle. C’est magnifique !

On rebrousse chemin après avoir rempli nos yeux de toutes ces merveilles.

Sur le chemin du retour, on chaparde çà et là quelques figues savoureuses.

En fin d’après-midi, on part vers le « centre commercial » de la ville… le lieu où quelques boutiques de souvenirs s’efforcent de séduire les touristes.

Nappes de coton colorées  avec des entre-deux de dentelles un peu rustique, des boucles d’oreilles originales. Un peu difficile de payer car les petits lecks sont rares chez les commerçants qui ont du mal à rendre la monnaie.

La nuit s’apprête à tomber et la pluie menace. On se réfugie en haut de la vieille ville dans un vaste café-restaurant et on prend l’apéritif.

On va ensuite dîner au restaurant Cajupi, ancien hôtel étatique de l’époque communiste. La salle au dernier étage est panoramique mais plutôt kitsch… l’époque communiste ne semble pas si loin même si la salle a été rénovée.

On nous installe sur une grande table ronde prévue pour 8. Un repas pantagruélique nous est apporté avec beaucoup de cérémonie par un personnel aux petits soins : des aumônières de poulet, du poulet à la crème, des brochettes de poulet… beaucoup de poulet ! des bruschettas et des légumes grillés… c’est trop copieux pour notre appétit du soir et cela manque de raffinement… on regrette notre déjeuner du jour plus typique mais nettement plus savoureux. Une bouteille de vin kashmeer de la cave Cobo fait revenir l'humeur joyeuse. 

Le lendemain, on émerge de nos chambres à 8 heures comme d’’ordinaire et on a  l’impression de bousculer les habitudes de la maison. Rien ne semble prêt mais très rapidement une table est dressée sur la terrasse et on déguste un petit déjeuner goûteux sous le soleil matinal. Excellente confiture de figues ! Mais le « thé de la montagne » laisse un peu perplexe les Français que nous sommes !

Jour 7 – KORCA

On part vers 9 heures du matin près avoir changé nos euros dans la ville nouvelle. On prend la route pour une grande journée de voiture dans la montagne.

Un premier arrêt pour acheter du miel au bord de la route… le doigt trempé dans le pot s’est révélé déterminant. Peut-être qu’à Paris, l’exotisme étant moins présent, ce miel ne sera pas aussi bon ? (et bien, il est délicieux même sous le ciel gris Parisien !).

montagne sur la route de KORCA

Puis on s'arrête un peu plus tard le long d’une rivière encaissée dans un hôtel restaurant pour un café pris sur la terrasse qui surplombe les eaux turquoise et vertes. Le garçon rit de notre « rofsh » (merci) péniblement appris. La prononciation ne doit pas être tout à fait exacte mais le sourire est toujours là !

La région montagneuse est quasiment désertique. Quelques vaches sur le bord de la route… des moutons, des chèvres et pas d’habitations. La route n’est pas d’excellente qualité, c’est peu de le dire, et il faut toute la dextérité du chauffeur pour que personne ne soit malade.

On s'arrête à Përmeti dans une fabrique de fruits confits… trois femmes dans une sorte de garage, qui remplissent des bocaux de noix fraîches (la cosse verte) fourrées aux noix, et ce, au milieu d’un nuage de guêpes. On goûte… c’est délicieux… on dévalise les étals (12 bocaux pour la France + un pour la route)… et les dames sont si accueillantes !

Et on reprend la route jusqu’à un endroit charmant, la Farma Sotira, jolie petite ferme auberge où sont élevées des truites, des vaches et des chevaux… un car d’allemands nous a précédés mais grâce à Dieu, une fois leurs sandwichs avalés, ils nous laissent seuls.

Le patron pêche avec l'aide de la gente masculine cinq truites sous nos yeux et dresse une table en bois au soleil.pêche à la truite sud albanie

Au menu, en plus du poisson grillé, des crudités, des poivrons au fromage blanc et des patates… des frites blondes exquises comme toutes celles mangées jusque-là.

Et cette impression d’être seuls au monde dans ce décor digne des Alpages !

paysage de montagne Albanie Sud

On reprend notre route de plus en plus cabossée et étroite.

On arrive à Korça en fin d’après-midi, fourbus de tant de voiture.

L’hôtel, le Grand Hôtel, situé sur la grand place, est moderne avec des façades en verre… l’intérieur assez colossal comme une sorte de palais des congrès des années 1970 d'inspiration "communisme soviétique".  Une des chambres est confortable et spacieuse (au 1° étage), l'autre au dernier étage laisse vraiment à désirer. Inégal donc !

cathédrale orthodoxe KorçaAprès un peu de repos, on effectue à pied un tour rapide de la ville… Korça, le Paris Albanais, avec sa grande rue piétonne qui mène à la cathédrale construite en 2005 grâce à l’argent des orthodoxes grecs. Il y a un office… sans aucun fidèle. Le pope psalmodie dans cette église dorée couverte d’icônes modernes. L’atmosphère est parait lourde. On sort rapidement.

Puis quelques vieilles maisons qui ont dû être belles à l’époque de leur splendeur mais qui sont aujourd’hui en ruines.

On va prendre un pot dans une maison jaune qui ressemble à une grosse villa balnéaire des années 50. Il s’agit de la villa Themistokhi Gémenjl qui a appartenu à l’homme qui a instauré la république autonome de Korça en 1916. L’intérieur est décoré comme un café branché parisien. L’atmosphère y est feutrée et de bon goût. On boira deux sortes de raki excellents l'un et l'autre.bistro branché KORCA

Puis on s'engage dans une petite ruelle peu éclairée jusqu’à une porte aveugle surmontée d’une petite enseigne : Taverna Qilari… un intérieur de maison typique avec des murs de brique, des objets disparates dans des armoires vitrées et des photos sépia du début du XX° siècle dont le pont de Marmande et Fernandel ! Il est vrai que la ville a la réputation d’être francophile. Le diner est succulent… en particulier des morceaux de porc sur des tranches de pain toasté qui embaument les épices.

Jour 8 – POGRADEC

On se retrouve le lendemain matin dans l’immense salle à manger fantomatique… tous les sièges sont recouverts de housses blanchâtres… cela ne restera pas un souvenir impérissable !

On a décidé de visiter le marché local… on est enchanté par les fruits et les légumes ainsi que les petites herboristeries ambulantes. Notre guide est étonné de notre intérêt pour ce spectacle ! Peut-être a-t-il un peu honte de la rusticité des lieux ? 

marche KORCA

On continue la matinée par la visite du musée des icônes de Korça… visages un peu inquiétants ou un peu tristes… ce ne sera pas le meilleur souvenir du séjour.

Puis on regagne la voiture vers la destination de Pogradec.

On arrive en fin de matinée dans cette petite ville qui est bordée par un très grand lac. En face et de part et d’autre, la Macédoine.

On s'arrête à la Vila Art, joli restaurant situé au fond d’un parc arboré, le parc de Drilon… un cadre enchanteur avec un lac artificiel où se prélassent cygnes et canards.

parc pogradecLe garçon très serviable accepte d’installer une table au soleil, assez loin de la cuisine. Il est vrai que pour l’heure nous sommes les seuls clients. 

On déguste du coran, le poisson du lac, une sorte de truite saumonée délicieuse, accompagnée des traditionnelles frites et de crudités. 

Puis on rejoint notre hôtel, le Millenium, situé au bord du lac, dans un village un peu à l'écart de Pogradec. Des chambres tendance moderne joliment décorées dans des teintes vert amande. 

Après un temps de repos, on part à la découverte du petit village en arrière-plan, Tushemisht.

actrice pogradecOn loge un petit ru peu profond, on verra un vieux pêcheur qui lave ses filets, on montera à la petite église orthodoxe flambant neuf et on admirera en contrebas la statue en bronze d’une grosse dame qui est une actrice albanaise célèbre qui a tourné récemment un film dans la maison  adjacente.

On discute avec deux beaux albanais qui rentrent leurs raisins en cave… on savoure la quiétude de ce petit village albanais coquet.

Puis on part à Pogradec, la ville balnéaire locale, pour déambuler sur le front du lac puis prendre un apéritif dans un des bars branchés du coin.

Promenade au bord du lac de Pogradec 

On finit par un dîner rapide dans le restaurant de l’hôtel, soupe de légumes pour les uns, pâtes italiennes  et foie au vin rouge pour les autres.

Jour 10 – Elbasan – Tirana

On entame la journée avec un petit déjeuner abondant… on partage beurre, miel et confiture… ici tout est très copieux, un peu trop pour nos estomacs de soixantenaires !

Notre guide n’étant pas réveillé, on part tous les quatre visiter à nouveau le petit village. Le soleil brille, l’air est frais. Cette fois-ci la coopérative des femmes du village est ouverte. On discute avec plusieurs femmes rieuses et avenantes, heureuses d’avoir de la visite et curieuses de notre provenance. On achète deux tasses à café et une nappe en jour de Venise.

Puis on retrouve notre chauffeur pour regagner Tirana en fin de journée.

On fait une étape dans la ville active d’Elbasan.

Muraille elbasan

On longe la muraille ancienne encore debout avant d’y pénétrer à travers un dédale de petites rues.

mosquée albanaiseOn parvient à une jolie petite mosquée du XVII° siècle.

 

 

On déjeune ensuite au Real Skampis, restaurant situé dans l’enceinte de la forteresse qui est disposé sur plusieurs terrasses ombragées au-dessus d’un jardin fleuri.jardins elbasan 

 

On déguste quatre plats typiques dont deux viandes rôties avec une sauce au yaourt, des abats aux poivrons, tomates et fromages et aussi une viande cuite avec des oignons et des prunes… un régal !

Et on repart pour Tirana.

On émet le souhait de visiter le musée d’art moderne de Tirana… aussitôt dit, aussitôt fait… on découvre l’art albanais depuis 150 ans disposé dans un vaste musée moderne d’inspiration communiste. Il y a de l’espace, les toiles sont de taille colossale et célèbrent le Travail dans le plus pur style du réalisme socialiste.

Une exposition d’Henry Moore complète notre visite, on retrouve l’art contemporain avec lequel nous sommes plus familiers.

Puis on arrive à l’hôtel, la Vila Tafaj. Grâce à notre guide, nos  chambres sont plus plaisantes que le jour de notre arrivée.

On va à pied jusqu’à Saint Paul,  la cathédrale catholique, vaste édifice très moderne… il y a un office… une religieuse lit un texte…on ne s'attarde pas surtout avec des bras nus !

On rentre après avoir marché longtemps dans le Block, l’ex-quartier communiste, aujourd’hui quartier branché. On manque plusieurs fois de se faire écraser car les panneaux et les feux ne sont pas particulièrement respectés par les conducteurs.

Pour notre dernier soir, on dîne dans un restaurant albanais dans une atmosphère familiale et chaleureuse. On est dehors sur une petite placette, assis sur des bancs en bois. On se régale une dernière fois de légumes farcis.

 

Jour 11 – Tirana

Ce matin, c’est quartier libre.

On part vers 9 heures tous les quatre à la recherche du marché central. 

Il faut d’abord traverser la Grand Place de Tirana.

grand place tirana

mosquée tiranaOn arrive à la mosquée Haxhi Et’Hem Bey, élégante mosquée du XIX° siècle dont les murs extérieurs sont richement décorés de peintures représentant des paysages. Elle semble fermée et nous nous éloignons à regret. Mais un homme à l’intérieur nous fait signe de revenir.

On pénètre dans la salle, sans avoir oublié d’ôter nos chaussures. Elle est décorée de peintures magnifiques. Un petit vieux monsieur agite ostensiblement quelques pièces. On comprend qu’il est de bon ton de laisser une offrande.

Puis on continue notre chemin en direction du marché. Les cafés sont noirs de monde, uniquement des hommes attablés sur les trottoirs.

Les têtes de mouton qui rôtissent nous rappellent, si besoin, que nous sommes en Albanie.têtes de mouton

On arrive d’abord dans la partie où se servent les occidentaux. Les étals sont arrangés avec soin, les fruits et les légumes éclatent de couleurs vives, des colliers de figues sèches pendent çà et là comme des guirlandes de Noël. On en achète… plus jolies que goûteuses. Dommage !

Pus on va dans les ruelles où sont exposés sur le trottoir les produits achetés par les autochtones. On se promène agréablement. Les gens sont souriants et aimables.

Puis on pénètre dans un magasin Carrefour… cette enseigne est présente à plusieurs endroits de Tirana… à l’intérieur, on se croirait dans un Carrefour français avec des marques bien connues.

On arrive ensuite dans la rue des réparateurs de vélo. Plus on s'éloigne du centre et plus les rues sont délabrées et sales.

On revient vers notre hôtel et on fait halte dans un grand Café moderne. On s'installe sur la terrasse pour écrire nos cartes postales, siroter un petit café.

Un dernier déjeuner dans un boui-boui uniquement fréquenté par les Albanais pour de la viande grillée, des abats et des frites, bien sûr ! La voiture restera garée en double file devant le restaurant et ce dans une rue très fréquentée. On n'est pas en France !

Et puis, on se dirige vers l’aéroport.

On se quitte après un dernier café en se jurant de revenir… pour voir le Nord et les pays des Balkans voisins… qui sait ?

En conclusion…

On a beaucoup aimé notre voyage.

Beaucoup d'endroits à visiter :

Deux villes sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco : Bérat et Gjirokastra. Et elles méritent vraiment d’être vues.

Trois sites antiques : Durrës, Apollonia et Butrint. Certes, ces sites ne sont pas encore complètement fouillés mais ils sont prometteurs.

Une côte Albanaise  pas encore trop défigurée qui propose des criques et des plages où il fait bon se baigner.

Des paysages montagneux, le lac de Pogrädec…

L'albanie fait cohabiter trois religions (musulmane, catholique, orthodoxe) en bonne intelligence… pas de femmes voilées, des musulmans qui mangent du porc et qui boivent de l’alcool…

La nourriture est abondante pour les touristes… fruits, légumes, viandes… et même du vin quelquefois bon. La cuisine est délicieuse et très diététique.

Non, les Albanais, ne sont pas tous des mafieux et des truands et on prend des risques à aller dans ce pays !

Les Albanais sont chaleureux, souriants et très aimables. C’est une population de travailleurs. La place de Tirana à 7 heures du matin est remplie de monde qui se presse pour aller à son travail.

Personne ne vous importune et il n’y pas de vol. On peut se promener en toute quiétude.

Et pour finir, un petit clin d'oeil : Non, les Albanais, ne portent pas tous la moustache !

Nous n’avons quasiment vu aucun moustachu… surtout beaucoup de jeunes gens à la coiffure impeccable  et très bien mis… l’apparence est importante.

Informations pratiques

Le Voyage Autrement grâce à qui on a été mis en relation avec l'agence locale ECOTOUR ALBANIA